Atelier 6 Célébrations
Le radiateur
Dans les classes, dans les chambres, dans les cuisines et les salons, à la cantine et même dans la salle de bains, le radiateur est là. Il nous observe en silence. Il a attendu tout l'été, triste, inutile. Alors ma main se promène sur le métal froid et le radiateur est content, il attendra patiemment l'hiver et son manteau de froid, quand on l'allumera et qu'il servira enfin à quelque chose. Au collège, on ne l'allume pas avant le mois de novembre, il n'en peut plus d'attendre, enfin, de pouvoir libérer sa chaleur. Pour l'instant il est encore froid car le soleil est là. Ah ! le soleil ! Le radiateur lui en veut beaucoup à celui-là ! A cause lui, il ne sert à rien et plus de la moitié de l'année, il est au chômage. Prox
Vert forêt
C'est cette robe qui luit dans la vitrine, vert forêt comme les bois que l'on distingue au loin quand le soleil se lève. Yan
Violon
Il est appuyé contre un mur, couché dans son étui. D'un bois doré, clair. Bien accordé. Les chevilles sont en ébène, travaillées. L'archet repose à ses côtés. Il le console, prêt à la caresse. Les crins blancs de l'archet taquinent bientôt le violon endormi ; le toucher est long et doux, ou parfois sec et comme hargneux.
Soulevé par une main délicate, le violon est étendu dans son étui capitonné de velours rouge, l'archet ne tarde pas à le rejoindre ; et ils restent là, dans le noir, ballottés quand on les déplace. Ils ne reverront la lumière que bien plus tard. Ils attendent leur heure pour pleurer tendrement devant un public ému. Scarlett
Renard
Il est là couché devant son terrier. Il s'apprête à bondir sur une proie, un lapin peut-être. Ce dont on est sûr, c'est qu'il utilisera son agilité et sa ruse habituelle, cet animal réputé pour sa tromperie et qui sait amadouer ses proies, comme les corbeaux et les lapins. Mais parfois il se prend à ses propres pièges, comme lorsqu'il se prend la patte dans un collet en voyant l'appât des chasseurs. Carla
Plubo
Il est là, au milieu du bazar qui règne autour de lui. Unique, magnifique mais aussi usé que Tante Gertrude. Seul dans a pièce, attendant mon retour tant espéré. Il se tient droit sur son trône moelleux, indifférent à son rembourrage qui s'échappe par endroits. Aussi noble et sage que le Dalaï Lama et tout aussi digne de ce titre, par sa droiture, sa sagesse et sa beauté. Sa carnation rose vif s'est muée en rose pâle, si pâle qu'on le dirait blanc ; le blanc est devenu gris, le vert, jaune, et le jaunee est rsté ce qu'il était. Son oeil droit déteint voit le monde bien mieux que nous. Il est beau à l'image de sa maîtresse. C'est Plubo, la plus belle des souris. Resha
L'Hibiscus de Tahiti
Cette fleur si belle, dont la couleur voyage de l'orange au rose, son odeur nous emporte dans les îles sous le vent. On peut la porter à l'oreille, on peut en faire des colliers, qui se fanent vite. Les habitants de ces îles respirent leur parfum tous les jours et ils ne se rendent pas compte de leur chance. L'hibiscus est comme une star parmi les fleurs. Marie
Le mot "rêver"
Il nous permet d'affronter tous les problèmes, il nous isole du monde réel. Il est beau, comme ce qu'il contient.
Il vient quand on dort et nous donne de merveilleuses images.
C'est une image du paradis, même si celui-ci ne dure qu'une nuit...
On voudrait qu'il ne s'arrête jamais, qu'il reste avec nous, mais il doit nous quitter. Tant pis, il reviendra la nuit prochaine, avec d'autres images plus belles encore. En attendant, on vit la vie comme elle est, en attendant d'aller dormir pour voir ce qu'il nous réserve. Charlène
Un arbre
Un arbre, un seul, un des plus simples ; ni plus beau, ni plus laid qu'un autre et perdu dans l'immensité d'une forêt.
Un arbre au feuille vert sombre ne laissant passer que quelques rayons de soleil d'automne, entre ses feuilles rouges ou brunes. Son feuillage transforme les sous-bois en un océan orange, où nagent des branches nues, à l'arrivée de l'hiver.
Un arbre qui laisse voir un peu du ciel noir et les lumières de la ville au loin.
Un arbre qui attire par sa simplicité ; il donne l'impression que le temps s'est arrêté, laissant sous le tapis de feuilles mortes qui couvre ses racines, courir les elfes des forêts.
Un arbre qui vit si longtemps qu'il devient le coeur de la forêt qui l'abrite. Un chêne. Manon
L'arbre
Dans cette serre d'un blanc pâle, repose un mince plateau d'argent et un pot d'une teinte macabre dort paisiblement au centre de la plateforme. En son sein, une petite bosse verte et timide montre son nez pointu, à demi enterré sous une motte de terre. La jeune pousse se tient droite et solide, menaçant l'espace de ses dards épineux, et, malgré sa solitude, ne manque jamais à son devoir de rester fière et paisible, attendant le beau jour où elle s'épanouira dans le monde extérieur. Eve