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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 14:51

Atelier (novembre 2010) Texte libre

 

 

Adieu, je t’aimais

ou

D’un amour peu courageux



Mon amour,
Je ne t'ai pas revu depuis si longtemps. Je ne sais plus où j'en suis depuis ton emprisonnement. Je t'en veux tellement, quel besoin avais-tu ? Pourquoi as-tu fait couler ce sang ? J'aimerais tellement te pardonner mais je n'en ai pas la force malgré tout l'amour que j'éprouve pour toi.
Danae_Auguste_Rodin
J'aimerais tant pouvoir revoir ton visage une dernière fois, pourvoir te dire que je ne t'aime plus. Je vois déjà ton sourire en lisant cette lettre. Tu t'en doutes je n'arrêterai probablement jamais de t'aimer. Pourtant, j'essaie de toutes mes forces. Tu me hantes, tu le sais ? Chaque jour, je vois ta silhouette au coin de la rue, chacun de mes rêves est peuplé de tes yeux gris. Te souviens-tu comme j'aimais m'y perdre, j'espérais y voir l'amour que tu éprouvais pour moi, je ne l'ai pas trouvé. Tu as rempli mon cœur de doutes, je ne suis plus sûre de rien. M'as-tu réellement aimé un jour ? Même si tu étais peu enclin à recevoir des sentiments as-tu perçu ce que je ressentais pour toi ? As-tu ressenti la même chose que moi ou bien tous tes mots d'amour n'étaient-ils que leurres ? Mon cœur est habité de fissures, je ne suis pas sûre de pouvoir le supporter encore longtemps.

Mon amour, je crois que j'aurais préféré que tu meures, cela m'aurait permis de faire une sorte de deuil. Je sais que cela n'aurait pas été facile, j'aurais pleuré jours et nuits, puis j'aurais recommencé à mener une vie normale. Sache que je ne t'aurais jamais oublié, tu serais toujours resté dans mon cœur, sauf que ta place aurait été moins importante. Aujourd'hui je n'ai plus la force de pleurer, toutes mes larmes se sont écoulées. Tu as emprisonné mon cœur, la seule solution serait de me l'arracher. Tu sais que j'en serais capable. Je ne suis pas assez courageuse, cette douleur m'est seulement insupportable.
Chaque jour, je peine, j'avance tant bien que mal sur ce chemin tortueux qu'est le chemin de la vie. Je trébuche à chaque pas, manque de tomber à chaque pierre. Je me retiens de toutes mes forces à mes amis. Ils sont là près de moi. Tu n'as pas idée de la peine que renferme mon cœur. Pourtant, j'ai essayé de la déverser un peu sur eux, mais il y en avait trop. Trop.

Je m'efforce à chaque seconde de ne pas penser à toi, et écrire cette lettre est un calvaire pour moi, mais je n'ai pas le choix, je ressens le besoin de coucher mes sentiments sur le papier. Je veux que tu saches le mal que tu m'as fait. Je vois d'ici les expressions de ton visage. Tu ne montreras rien, tu feras comme si tu t'en fichais, mais je sais qu'à l'intérieur de ton cœur, ça se passera autrement. Ton cœur battra vite, tellement vite que tu auras l'impression qu'il va finir par s'arrêter. Mais cela ce passera ainsi si tu m'aimes, parce que tu m'aimes, n'est-ce pas ? J'espère tellement, tu ne peux pas savoir. Mais bientôt tu connaîtras la souffrance que j'éprouve. Tu espéreras que je t'aime encore, que je ne t'ai pas oublié, que je n'aime pas quelqu'un d'autre. Je te hanterai, tu n'auras plus de répit. Puisque tu m'aimes. Ensuite tu passeras dans une phase de mélancolie. Tu regretteras de ne pas l'avoir dit ce « je t'aime » que j'ai tellement attendu. Tu regretteras ces moments heureux que nous avons passés ensemble. Ta vie ne sera plus que remords. Alors tu vivras dans le passé.

Tu ne compteras plus les jours qu'il te reste avant ta libération, tu compteras les jours qu'il te reste avant de pouvoir me revoir et me serrer dans tes bras. Tu rêveras de fonder une famille où tu me chériras. Tu vas découvrir l'amour avec un grand A. Tu verras comme cela fait mal d'aimer quelqu'un sans certitudes, car maintenant tu doutes n'est-ce pas ? Tu as peur qu'un jour, j'arrive à t'oublier.

Mon amour, je te montre malgré moi le mauvais côté de l'amour, je ne connais pas le bon côté, celui qui est raconté dans les livres. Enfin si, je le connais, mais je suis trop lâche pour essayer de me le rappeler. Je commence peu à peu à voir le bord du gouffre dans lequel tu m'as plongée et tu ne peux pas savoir à quel point j'ai peur de retomber dedans. Je sais qu'un trou béant m’attend et dès que je ferai l'erreur de penser à toi il sera là pour me faire sombrer à nouveau. J'espère un jour pouvoir reconstruire ma vie. Être capable de raconter aux gens qui m'entourent tous les bienfaits de l'amour. Un jour j'y arriverai. Je ne sais pas pourquoi je te raconte mes espérances peut-être pour que tu te rendes comptes à quel point les doutes que tu as fait naître en moi sont nombreux ?

Mon amour, je ne dis pas que notre histoire n'était qu'une erreur, c'est faux. Il y a eu une époque où tout était merveilleux. On regardait les autres de haut, notre bonheur était éblouissant. Je nous croyais invincibles. Je t'aimais tellement à cette époque. Quand je te voyais, mon cœur battait plus vite je crois, je ne veux pas m'en souvenir. Mais, je suppose que tous les deux, on irradiait de bonheur. Puis nous sommes tombés de notre piédestal. On étaient toujours aussi heureux, mais à un moment il faut bien redescendre de son nuage. Car notre amour, c'était quelque chose qui n'aurait pas dû exister. Une erreur du destin. Et même en sachant cela, je t'ai aimé de tout mon cœur et plus encore.

Tu sais, à ton procès, je n'ai pas pu venir. Je ne voulais pas que tu me vois dans cet état. Je pleurais. Tu ne sais pas le nombre de larmes que l’on peut verser, le nombre de temps que l'on peut passer à pleurer par amour. Maintenant, tu vas apprendre à m'aimer. Tu ne vas ressentir que les sentiments que je t'ai décrit dans cette lettre. Et même si tu me hais pour t'avoir fait découvrir la faiblesse de l'amour, remercie-moi car pour aimer, il faut être courageux. J'aurai au moins fait quelque chose de toi, je t'aurai appris quelque chose. Grâce à moi, tu ne seras plus une simple enveloppe charnelle, tu ne porteras plus ce masque d'impassibilité ou de mépris. Grâce à moi, tu seras devenu quelqu'un. Grâce à moi, tu connaîtras l'amour.

Voilà, j'ai fini ma lettre, tu peux retourner dans ta cellule si froide sans présence humaine. Je ne veux pas que tu me répondes, je ne veux plus te voir. Je veux seulement arrêter de t'aimer, je ne veux plus penser à toi. Je veux recommencer à vivre et non à survivre. Je ne ferais plus rien pour toi.
Adieu
Lily                                                                                Albane

 

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 11:48

Texte libre

 

      Une main, une cigarette, un lit, une mèche de cheveux, une coupelle rempliede fraises, ''Let's Get Lost'' de Chet Baker et un pied. C'est ce que l'on peut apercevoir en regardant penché sur le lit, rouge. Un mouvement, le drap bouge, c'est calme. Los Angeles, 1967, c'est l'année du Human Be-In, des festivals, du mariage d'Elvis Presley à Las Vegas, la guerre du Viet Nam et de la libération raciale et sexuelle. Sur le sol, deux pieds. Elle se lève, respire, attrape la dernière fraise dans la coupelle et la met dans sa bouche, sa bouche où il reste un peu de rouge à lèvre. 17H30. onethousandandonedreams.com Photographie de Yasmina ALAOUIElle s'habille : un jean et un soutien gorge en laine violet, ses longs cheveux blond platine rayonnent. Elle sort, le soleil est fort, ses rayons l'aveuglent, elle se protège le visage avec sa main. Elle, en sandale, elle, en train de fumer, elle, marchant vers la plage. Venice Beach, la plage des Beach Boys, la plage magnifique. Elle enlève ses sandales, les pieds dans le sable, le sable entre ses orteils. Un feu de camp, des amis, ''Doralice'' de Joao Gilberto, et elle.

Le soleil est rose, l'eau est claire et fraîche, des gens, endormis sur le sable, et elle, elle est là, la peau blanche, dans une ambiance intime, avec un reste du feu. Sur sa peau, des écritures, elle s'est écrit dessus, la nuit, ses pensées, ses envies, ses désirs, ses plaisirs, ses rêves, ses espérances, ses idées. Petit à petit les gens se réveillent, il fait bon. Elle est seins nus, sur le sable. Elle est heureuse sur le sable. Une nuit d'amour libre, de musique, de plage est derrière elle. ''Did I Remember?'' de Billie Holiday en fond. Elle reste là, les yeux vers le ciel, regarde les couleurs dans les nuages, s'évade de sa vie, de la réalité et rêve.

 

Diego  

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 20:52

                                                            Nano Nano Pudding 

    Atelier-Nano-1Nano était encore en train de faire ses exercices de remise à niveau sur leplan physique, avec Ted et Nick, quand il commença à y avoir du grabuge à l'extérieur du vaisseau. Le petit groupe ne savait absolument pas ce qui pouvait bien être en train de se passer. Aussi Ted décolla-t-il son derrière du mur pour aller s'informer un peu auprès des autres mécaniciens, laissant dans son dos une traînée de fumée tout droit sortie d'un cartoon, pour dire qu'il avait l'air assez content de se bouger... Nano laissa de nouveau ses bras pendre le long de son corps, son sourire de chat montrant assez qu'elle ne prévoyait pas de bonnes choses. Passant une seconde fois la main de vant les yeux de Nick pour voir s'il était là ou pas, la petite fille aux cheveux bleus regarda rapidement de droite à gauche pour voir s'il y avait des nouveautés dans le hangar, nouveautés avec lesquelles elle n'aurait pas encore fait connaissance. Puis voyant qu'il n'y avait rien d'amusant, elle glissa silencieusement vers la porte menant aux coloirs du vaisseau. Elle en profita pour aller chercher son équipement de "bad girl" dans sa cabine, qui ressemblait à un garage ou un placard plus qu'à autre chose, une sorte d'entrepôt d'objets plus différents les uns que les autresdu simple mais malicieux rouleau de Scotch super collant, au pied de biche pour ouvrir les caisses, jusqu'à la batte géante, pratique pour casser le dentier de quelqu'un. Nano ne mit pas longtemps à ôter le câble de sécurité qui empêchait tout et n'importe quoi de valdinguer aux moindres mouvements du vaisseau, et elle attrapa le nouvel orphelin dans un cri de victoire, dont on aurait bien aimé se passer. Brandissant à bout de bras un revolver noir à la gueule courte et au magasin strié, une arme assez vieille qui n était sans aucun doute d'origine russe.
Atelier-Nano-3"Tiens, je vais prendre ça !"
     Nick attrapa le Grach MP-443 que tenait Nano, qui, surprise, le lâcha sans même s'en rendre compte ; elle se retourna pour jeter un regard furieux au mécanicien, qui finalement ne dormait pas, comme il en avait l'air quelques instants auparavant.
"Rends-le à Nanoooooooooooooooooooooo !" pleurnicha-t-elle en tendant ses mains,  suppliante, vers son pseudo-jouet. "Pi, Nano croyait de Nick dormait !"
   Nano s'approcha du voleur, toujours les mains en avant, pour recevoir le revolver, croyant qu'il allait le lui rendre, mais apparemment Nick n'avait pas du tout cette idée-là en tête. Il appuya sa paume contre le front de la gamine pour la maintenir à distance, car il faut dire que celle-ci ne réfléchissait pas vraiment sur le coup et était plutôt facile à repousser. Enfin toujours est-il que ce n'est pas si facile que ça à faire : essayez si vous avez envie de jouer les malins ! mais vous attraperez certainement une belle baffe, mwahaha !
"A part toi, personne ne dort debout, les yeux ouverts !" lâcha Nick, sérieux ; "J'y pense, faudrait sérieusement songer à balancer tout ce fourbi dans le vide sidéral et à donner à cette cabine à quelqu'un d'autre ; puisque tu ne dors pas ici, c'est franchement du gaspillage."
"Naaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan ! comment Nick pourrait faire un truc pareil à Nano ! Nano aurait plus d'endroit pour ranger ses affaires !
- T'es pas sensée avoir des affaires pareilles !" observa le mécanicien, en prenant de sa main libre le premier objet à portée, un lion en peluche sale comme le jour à qui on avait mangé la crinière. "Quel débarras ! Et j'aurais bien envie aussi de te piquer quelques trucs..."Atelier-Nano-4
     Nano continua de gesticuler tout en réfléchissant à un moyen de tirer profit de la situation, et non vice-versa - si c'est bien l'orthographe de ce mot super-compliqué à écrire ? - Bref, quelque chose à profier à part se prendre une pelle dans la tarte, ou une tarte dans la pelle. La chose qu'il faut retenir : Ted et Nick se chargeaient de faire la police et de contrôler les affaires de Nano, qui, lesquelles "affaires" même n'allaient quand même pas jusqu'au stupéfiants (faut pas exagérer !), mais pouvaient être des armes en tout genre. Comme une hache pour jouer dans les chambres froide à trancher des cadavres - déconseillé aux âmes sensibles- s'il y en a, tant pis ! on fait avec le premier morceau de viande venu. Ou la batte, méga top pratique pour éclater les cervelles après concassage des boîtes crâniennes - pas ma faute si les têtes ressemblent à des ballons. Ou l'arme à feu, ça juste pour avoir l'air classe, et pour faire manger le canon à quiqu'un qu'on n'aime pas, tirer sur tout ce qui est rouge, car le rouge, ça fait mal aux yeux. Et de toutes les armes, la meilleure : le couteau et la fourchette. Il suffit de planter les multiples pointes ou la lame dans la main de celui qui veut te voler ta ration de nourriture. Petites armes, mais qui sauvent la vie de nos papilles et de notre estomac, pourfendeurs d'assiettes, explorant les aliments n'ayant pas passé la date de péremption, ou donnant une pichenette à la coquille d'oeuf qui s'est introduite dans la succulente omelette au fromage... Miam ! Bon , on s'est un peu égaré... On en était à essayer de trouver une idée, même si cela doit faire pas de temps, et réflexion faite, ya pas grand chose à décider.
Atelier-Nano-2"Nick pourra apprendre à Nano à tirer ?" demanda Nano finalement, affichant la mine déconfite du chat de Shrek, les gros yeux pour faire simple.
"Tirer ? Pas besoin.... Viser, ça c'est autre chose. La dernière fois t'as failli trouer Ned, et pas qu'un peu, il y penseras peut-être encore dans cent ans... et arrête de me regarder comme ça, tu sais bien que ce genre de tête ne marche pas ici."
   Nano laissa de nouveau paraître sa mine d'enfant comblé et étale sur son visage son habituel sourire ravi. Enfin une chose sympa en perspective, même s'il faudrait attendre quelques jours avant de suivre les cours de pratique. Pfff ! le temps passe vraiment trop lentement quand on est jeune. Quand on ne peut pas s'amuser à des jeux tels que les trains électriques ou la guerre spatiale, trouver une occupation, c'est une véritable torture ! Comme vous le savez sans doute, Nano travaille à l'infirmerie en tant que soutien, mais certaines personnes préfèrent ne pas avoir quiqu'uncomme ça, même utile, dans les pattes... C'est le cas de Steph(en Hawking) le scientifique, et pseudo-médecin dans certains cas. Mais notre gamine pense, quand même, que le seul supérieur à bord du Maquereau à qui elle doit obéir est Steph, même le capitaine et tous les autres responsables passent après. C'est comme ça un point c'est tout, si vous voulez aller vous faire cirer les pompes, vous vous êtes trompés de porte, un point c'est tout. Nano n'a accès à l'infirmerie que quand le Staff-Steph l'a décidé, ou seulement pendant ses crises dues aux nanomachines, soit environ une fois tous les deux mois. Sinon le message reste des plus claires :"Dehors !" Après il ne faut pas trop chercher, entre les soldats, les mécaniciens et les pilotes - à voir !- c'est la loi de la jungle. Requins vs Lions vs Vers de terre, c'est une bataille qui durera sans doute toute la durée de vie du vaisseau, et même apr-s pour quelques cas précis, sans doute.
[Mode ON/Narrateur-destructeur de Trips-et-boyaux]
Le récit, comme j'en ai l'impression, a encore dérapé, il faudrait prendre un peu plus soin de ces écrits... Donc, pour se résumer avec de plus amples moyens, Nano n'a pas de travail fixe et accueille avec joie les entraînements, intensifs, militaires, ou simplement moraux que lui offre n'importe qui... D'accord ce n'est pas toujours très prudent, ni très intelligent de suivre ainsi... le mouvement, mais à la guerre comme à la guerre. Une occupation reste une occupation, et un entraînement reste une occupation. J'espère que c'est assez compréhensible ?
[Mode OFF/Narrateur-destructeur de Trips-et-boyaux] 
Eve ROY (classe de 4e)

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 21:31

 Un texte libre                "Dans la brume obsédante..."       
              Dans la brume obsédante, ce brouillard blanc et épais, cette nuance de gris soyeux, ce nuage nous prend l'esprit et nous embarque dans des pensées pourpres aux idées roses. Oui, celles qui vous rappellent le passé, celles qui s'accompagnent habituellement de larmes humides et douces. Ces larmes qui se sont calmement écoulées sur nos joues rondes, nos joues au sombre teint rose pâle. C'est comme cela, dans un long chemin de terre enlacé de mots doux, de mots d'amour. Ce seul amour qui nous prend dans une ronde rouge. Soudain la pluie tombe sur nos épaules, comme un malaise dans une phrase, comme une nouvelle fulgurante. Frederic Edwin Church - The river of lightLa pluie comme des gouttes de rose sur la lettre ''I'' de ce beau mot ''Aimer''. Ce mot qui est dans la tête de toutes ces personnes autour de moi. Je m'endors paisiblement dans cette herbe humidifiée par cette averse de gouttes douces, accompagnées d'un nuage gris-noir. L'ombre de l'arbre que j'ai choisi forme un dessin vague sur le sol bosselé. Il suffit d'un instant, d'une envie pour revoir notre parcours, il suffit d'une phrase pour faire basculer cette paisible minute dans le doute atroce qu'est la vie. Une simple photographie ou une musique me rappelle ce moment si lointain. Le mystère demeure dans mon esprit, mes mains ne sont contrôlées que par mon cœur. J'entends des voix, des enfants sont ici, prés de moi. On sait tous qu'il est difficile de remuer nos souvenirs dans nos têtes. Je reste muette, le silence est la meilleure façon de faire face. Le soleil maintenant brûle un peu mes paupières, il me chatouille amicalement le nez et me pique les bras. Puis une sensation de froid me prend au dépourvu, je frissonne, lentement ma peau fait de drôles de formes sur l'ensemble de mon corps, de petites bosses se forment. Le brouillard rentre ses ailes, il fait place aux rayon de lumière, cette lumière qui oblige mes yeux à se fermer. Mon visage se crispe lorsque je pense à toi. Oh que le bonheur me renferme dans mon cœur qui manque d'espace, Peur et nostalgie, oubli.
           On m'a toujours dit, ne te retourne jamais sur ton passé, il ne te fera que du mal. Mais dites moi pourquoi mon futur me fait aussi peur, quand je vois cet instant présent, une douleur obsédante et envoûtante m'envahit lentement. Une peur et une envie inconnues, je ne connais pas ce sentiment. On n'explique jamais à un enfant ce qu'est la peur de la vie, on explique juste la peur du vouloir et du monstre caché sous le lit. Un enfant ne peut pas comprendre ces choses-là, elles sont trop compliquées. Je suis sûrement devenue grande pour comprendre la souffrance que peut nous apporter cette vie. On s'interroge sur moi, des questions se posent sur ma façon de parler et d'écrire. Pourquoi les personnes de mon entourage veulent-elles comprendre ce qui se passe dans mon esprit ? Laissez-moi penser seule. Le bonheur de fuir, de se refermer dans la musique, cette mélodie si douce qui me rappelle les traits de son visage si pâle. Cette musique dont je ne me lasse jamais. Le destin a fait que ce son si prudent m'emmène souvent dans la sureté. Lorsque j'ai peur, je fredonne cette mélodie. Il est évident que je suis différente de cette société très bizarre qui court autour de moi. Il m'arrive de m'allonger sur le sol, sur cette terre brûlante, le vent si doux me rappelle son souffle, la pluie, ses larmes. Croyez-moi cette peur se libère très vite. Liberté, pourquoi attendre une liberté ? partir, oui partir peut tout faire rentrer dans l'ordre, mais je n'ai pas envie de partir. On ne demande jamais à une fille de quatorze ans son avis, il est peu important. Partir, c'est reculer devant cette vérité absurde, je ne recule pas devant la vérité d'aimer mes proches. Aujourd'hui je veux juste pouvoir les voir une dernière fois. Crois-tu me connaitre assez pour le savoir ?                             ORIANE

 

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