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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 23:14

Atelier 4 (suite) Ecrire à partir d'objets

Au centre des tables, des objets apportés par les participants à l'atelier.

Parmi ces objets : une boule de neige (de New York !), une clef, un bracelet, une montre, un bout de bois, des coquillages...

Piste d'écriture : intégrer 4 des objets dans un récit court.

La Clé des champs          

      Loup Remi Saglier sur FlickR CCLe loup Balto, coursier des mers et des océans, s'arrêta sur un récit émergeant difficilement de l'eau et regarda sa montre : en retard, très en retard, se dit-il. Il devait apporter la Clé qui ouvrirait la Porte. La Porte permettrait d'atteindre le tombeau de l'Impériale Sorcière Manon. Mais pour atteindre cette porte et remettre la clé au prêtre suprême Asmodeus, il faudrait traverser la cité engloutie de New York - qui n'était plus très new. Il faudrait encore ressortir vivant du labyrinthe des colliers mangeurs de chien et traverser la foule des manifestants cannibales dont le slogan était : "Faites l'amour pas la guerre : faut pas gaspiller la nourriture !", et enfin arriver devant le poteau penché et écorcé de Pise. Il y avait du boulot. En ne prenant aucun repos, Balto estimait qu'il arriverait un peu après la fin du calendrier Maya. A l'heure de la prophétie de la Sorcière Manon, à l'heure de l'implosion du soleil...  Resha

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 22:44

Atelier 4 (suite) Ecrire à partir d'objets

Au centre des tables, des objets apportés par les participants à l'atelier.

Parmi ces objets : une boule de neige (de New York !), une clef, un bracelet, une montre, un bout de bois, des coquillages...

Piste d'écriture : intégrer 4 des objets dans un récit court.

Un souvenir Atelier Taxi NY FlickR CC Gache Wurzn
Sur une plage des coquillages éparpillés sont ramassés par une ombre. Une ombre ? Oui, l'ombre d'un homme, d'une quarantaine d'années. Il n'est pas seul ; avec lui, son chien-loup au poil argenté porte au collier une clé, celle de l'abri de son maître. Le chien-loup ne s'ennuie pas, il y a beaucoup de crabes à chasser.

C'est la nuit. L'homme n'est pas seul : il a son chien, et surtout ses souvenirs ; des souvenirs d'avant, heureux. Heureux, il l'était, jusquà ce qu'il arrive sur cette île.

Avant il était chauffeur de taxi à New York, il aimait son ancienne vie. Même s'il ne pouvait plus voir la Statue de la Liberté en peinture, il aimait sa ville et son métier. Maintenant il vend des colliers de coquillage, des souvenirs en coquillage...

Il aimait sa ville, il en a même rêvé la nuit précédente, mais son rêve s'est transformé en cauchemar : le visage de l'inconnu est venu lui rappeler pourquoi il est ici. L'inconnu qui est monté dans un taxi, et qui a bouleversé sa vie. Un soir de juin alors qu'il le conduisait au bar du Chat qui rit... Prox

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 21:54

Atelier 4 Ecrire à partir d'objets
Au centre des tables, des objets apportés par les participants à l'atelier.
Parmi ces objets : une boule de neige (de New York !), une clef, un bracelet, une montre, un bout de bois, des coquillages...
Piste d'écriture : intégrer 4 des objets dans un récit court.

Happy Birthday !

 

Bar à NY FlickR CC BaratBuzz   Nous sommes à New York, Brooklyn, dans un bar. À l’intérieur, murs en briques,  juke box, néon flamant rose, canapés de cuir et piste de danse. 1984. Siouxie se tenait dans sa mini robe en zèbre acheté à Trash & Vaudeville, un margharita à la main, et une cigarette fine dans l’autre. Elle s’approcha du juke-box et choisit ‘‘Wanna Be Startin’Somethin’’’, puis dansa, seule, la clope à la bouche. Ce jour là c’était son anniversaire, mais elle était seule - un reste de sa famille vivait à Helena, Montana. Alors il ne lui restait, ici, que ses trois meilleures amies. Il y avait Zoe, George, Cristina et elle. Siouxie avait rencontré ls trois femmes aux Alcooliques Anonymes. Elle regarda sa montre, une fausse Rolex qu’elle avait achetée durant un voyage à Barcelone. Elle sortit du bar, prit le métro direction Manhattan pour aller à l'Empire Diner, son restaurant préféré, où avait lieu la petite fête. Elle arriva et s’assit à la table réservée, en fond sonore ‘‘Shame’’ d’Evelyn ‘‘Champagne’’ King. Elle était là, à espérer, chaque fois que la porte du resto s’ouvrait, que ses amies allaient arriver. Au bout de deux heures, se trouvant pitoyable, fumant seule, buvant du gin, elle décida de rentrer chez elle. Elle habitait un appart branché de Chelsea. En arrivant, triste, elle alluma la télé.

Elle vit que le bouton répondeur de son téléphone hamburger clignotait, c’était un message de ses amies disant qu'elles avaient été coincées dans la circulation, qu’elles arrivaient. Elles lui avaient donné un nouveau rendez vous au Nublu, un des meilleurs nights clubs de la ville. Elle enfila un manteau, et courut dans la ville, avec ses talons de douze centimètres, et son walkman  qui passait ‘‘Japanese Boy’’, d’Aneka. Elle courait, elle était assez triste dans sa vie, réglée par la même routine de son boulot de standardiste à Vogue, alors dès qu’il fallait faire la fête elle était partante. Elles se retrouvèrent, alors que ‘‘Try A Little Tenderness’’ émanait du lecteur cassette. Elles discutèrent, rirent, burent… Elles rentrèrent toutes chez Siouxie. Le lendemain matin, elles se réveillèrent sur la moquette, la télé allumée, dans une ambiance intime. Le soleil se levait sur la Big Apple, les taxis qui avaient roulé toute la nuit continuaient leur travail, les stores à moitié ouverts. C’est dans cette ambiance, que Siouxie commença une nouvelle année dans New York. Diego

 

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 22:44

Atelier 3
Ecrire à partir de termes choisis / donnés.
Aller dans le CDI et choisir sur les tranches des romans deux adjectifs qualificatifs ; puis deux noms.
A ce premier corpus s'ajoute une citation piochée au hasard.
L'ensemble est intégré dans un court récit. Lune sur FlickR CC

Noms :  lune, série        adjectifs : brillant, rouge
« Les idées ses comme les gosses, il ne suffit pas de les avoir, il faut aussi les élever. »
 
     Un soir de pleine lune, le silence régnait dans une petite maison près de la plage, et  le sang rouge glissait le long de mes mains.  Mon couteau s'était enfoncé dans le cœur de cette jeune femme. Mon sang froid avait laissé place à un sang brûlant. Cette odeur de sang me fit perdre connaissance, je tombai à terre près du corps. Au matin j’étais toujours là, près du corps de la jeune femme blonde. Je me reculai touchant ainsi le fond de la pièce. Je pris appui contre le mur blanc, éclairé par l’éclat du soleil, tout suffoquant  je pris une bouffé d’air, la salle était ancré dans l’odeur de se sang. Le corps de la jeune femmeétait toujours sur le sol. Une des nombreuses maitresses de mon mari...
      J’enterrai le cor dans le sable déjà tiède et nettoyai la maison de fond en comble.  Je marchais sur la plage sous un soleil de plomb, me vêtements couverts de sang. Ni le soleil, ni mes larmes ne me réchauffait : mon corps se glaçait par l’horreur que je venais de commettre.
Je n'avais pas tué cette femme par plaisir, non, mais parce qu'elle était la maîtresse de mon mari. Le poids de la culpabilité me rongeait. Je décidai dans parler avec ma seule amie, Alice. Dégoûtée par cet aveu, elle me questionna, je lui expliquai le pourquoi du comment. Mais cet aveu faisait d'elle ma complice. Alice prit peur et me demanda ce qu’elle devait faire . Je n’en avais aucune idée. Mes larmes coulaient silencieusement, elle passa sa main dans mon dos, et me murmura au creux de l’oreille. « Les idées, c’est comme les gosses. Il ne suffit pas de les avoir, il faut aussi les élever. » Le rapport avec l’histoire était faible. Je m’esclaffai de rire. Et sous le soleil brillant., je décidai de continuer à tuer, avec l’aide de Alice.
     Scarlett

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 11:46

Atelier 3 (Suite)
Ecrire à partir de termes choisis / donnés.
Aller dans le CDI et choisir sur les tranches des romans deux adjectifs qualificatifs ; puis deux noms.
A ce premier corpus s'ajoute une citation piochée au hasard.
L'ensemble est intégré dans un court récit.

Mots : rouge, libre, fête, gnome
Citation : "Les vieux péchés ont de longues ombres."  Proverbe chinois

Bill
     1970, John Lennon et Yoko Ono le lendemain d'un trip, San Francisco, ville où l'homosexualité et la transexualité n'étaient pas dévisagées. Des fêtes où la C et l'héroïne étaient toujours de la partie. La guerre du Viêt Nam.  Des hippies. Le rock et le psychédélisme. Les gens libres d'esprit ne se souciaient pas de grand chose, il y avait de tout pour tout le monde. Tôt le matin, dans un de ces vans Volkswagen, où dormaient Trisha, Bill et Nick, vivant ensemble depuis trois ans déjà, tous amoureux les uns des autres... Plus tard Nick mit le vinyle de Todd Rundgren.
     Ils sortirent vers midi pour aller à une manifestation contre la guerre. Les gens marchaient avec des banderoles Peace and Love et Fuck the war. Nick se sentait mal à l'aise à cause de son père et de son frère, extrémistes et pro-war. Lui était heureux de sa vie et de son vieux poncho. Trisha, elle, faisait la fête toutes les nuits. Ils étaient tous les trois allés à Woodstock. Et maintenant, ils marchaient dans la rue, avec tous ces gens... Bill, lui, était mal. Depuis quelques jours, des souvenirs étranges lui revenaient ; il ne supportait plus la couleur rouge. Nick et Trisha ne savaient pas ce qu'il avait, mais il n'était plus le même. La police intervint, et frappa, frappa les manifestants. La plupart des gens partirent, les autres, à moitié dans les vapes, parlaient aux policiers, dialoguaient. Bill était couché, une balle dans le ventre. Nick et Trisha étaient déjà partis. Bill mourait seul : seul une sorte de gnome femelle lui parlait... Lui rappelait le meurtre qu'il avait commis, à l'âge de treize ans, et dont le souvenir le hantait depuis ce temps. Et la gnome murmurait : "Les vieux péchés ont toujours de longues ombres."     

    Nick et Trisha, qui étaient à une fête, apprirent sa mort, vers minuit. 
    Cinq ans plus tard, la guerre était terminée, la vague hippie aussi. La pop, la New Wave et les brushings sophistiqués prirent la place.                             Diego

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 19:45

Atelier 3 (Suite)
Ecrire à partir de termes choisis / donnés.


Si ton oeil était plus aigu tu verrais tout en mouvement.

Il est évident que le poète écrit sous le coup de l'inspiration, mais il y a des gens à qui les coups ne font rien.

Personne ne peut porter longtemps le masque.

Le monde est un grand bal où chacun est masqué.

Je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions.

Le destin mêle les cartes et nous jouons.

Va où tu veux, meurs où tu dois.

Quel est le destin de l'homme ? Etre un homme.

Chacun a en lui son petit monstre à nourrir.

Oh ! Attention, monseigneur, à la jalousie ; c'est le monstre aux yeux verts qui tourmente la proie dont il se nourrit.

Les monstres véritables ne ressemblent pas à des monstres.

Les plus jolies choses du monde ne sont que des ombres.

Jamais le soleil ne voit l'ombre.

C'est toujours ce qui éclaire qui demeure dans l'ombre.

Les vieux péchés ont de longues ombres.

La nuit n'est peut-être que la paupière du jour.
Dans la nuit noire de l'âme, il est toujours trois heures du matin.Georges Perec

La nuit tombe, vous frôle en passant de son aile noire toute humide.

Les idées, c'est comme les gosses. Il ne suffit pas de les avoir, il faut les élever.

Réfléchir, c'est à dire à écouter plus fort.

Quand nous cessons d'écouter, nous cessons d'aimer.

Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ?

On ne songe jamais à la voix des portraits.

La voix est un second visage.

La véritable discipline, c'est de ramasser des fraises sans en manger une seule.

La sirène est une femme qui ne tient pas debout.

La mer qui se lamente en pleurant les sirènes.

Photogramme Intolerance PendaisonLes citations tirées au hasard :
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 16:00
Pour rester (un peu)  dans la métaphore marine...
"Nothing is emptier than an empty swimming pool." Raymond CHANDLER (entendu sur France culture, dans une des émissions sur Georges SIMENON, mais je ne sais pas de quelle nouvelle, roman ou scénario cette phrase est tirée).
En français, c'est bien aussi :
"Rien n'est plus vide qu'une piscine vide
."
Lauren Bacall et Humphrey Bogart dans « Le grand Sommeil » tiré du roman de Raymond Chandler.Distribué par Les Grands Films Classiques
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 15:26

Atelier 3
Ecrire à partir de termes choisis / donnés.
Aller dans le CDI et choisir sur les tranches des romans deux adjectifs qualificatifs ; puis deux noms.
A ce premier corpus s'ajoute une citation piochée au hasard.
L'ensemble est intégré dans un court récit.

Les citations choisies :
"Les idées, c'est comme les gosses. Il ne suffit pas de les avoir, il faut les élever." Daniel Picouly
Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? " Stanislaw Jerzy Lec Nouvelles Pensées échevelées 
" Personne ne peut porter longtemps le masque"  Sénèque
" Quand nous cessons d'écouter, nous cessons d'aimer" Michel Bouthot
...
Avec cannibale / rose / saint-Bernard / planète et "La voix est un second visage" Gérard Bauër

Sans titre
Un homme rose dont la voix est un second visage parcourt la planète avec un saint-bernard cannibale. Tiphaine

Avec Rouge / sombre / Ella / veuve et " Quand nous cessons d'écouter, nous cessons d'aimer" Michel Bouthot

Feu Napoléon
    
     Ella Bona Port était une femme dont le passé était sombre. Nains de jardin sur Maine-lafonPersonne ne connaissait son histoire. Son mari était mort, englouti par un tuyau d'arrosage rose à pois blancs. Pour le deuil, elle ne porta pas de noir. Quand onlui en demandait la raison, elle répondait : "Je préfère le rouge."  
Beaucoup pensaient qu'elle avait tué son mari, feu Napoléon, dont onn'avait retrouvé que les os. Alors la veuve raconta la semaine précédent la disparition.
     Un jour, son mari était rentré tout essoufflé en criant que les nains de jardin étaient tous devenus entièrement verts  et que le tuyau d'arrosage était maintenant rose à pois blancs ! Ella qui était en train de regarder son feuilleton préféré ne cilla pas. Le lendemain il alla revendre les nains de jardin, après les avoir repeints. La journée se passa normalement.     
     Mais le jour suivant, alors qu'il regardait le jardin, il vit que le snains étaient revenus, et qu'ils étaient de nouveau verts ! Il les repeignit et les revendit. Mais ils revinrent ! Il recommença ainsi toute une semaine. Mais toujours ils revenaient. Excédés, il prit alors une pelle. Le voyant faire, sa femme le poursuivit en criant : "Je veux bien que tu les vendas, mais non pas que tu les casses !". Malgré ce cri, il leva et abattit de toutes ses forces la pelle sur un premier nain, puis un deuxième, puis un autre encore... Enfin il n'en resta plus qu'un, tout à côté du tuyau d'arrosage. Mais avant qu'il ait pu l'abattre, le tuyau rose à pois blancs bondit et engloutit l'homme en un instant. Quelques minutes plus tard, il recracha négligemment le os.
Alors la veuve, sui n'avait rien ressenti, se dit : "Quand nous cessons d'écouter, nous cessons d'aimer." Resha

Avec Hurleur / noir / ours / couloir + "Si ton oeil était plus aigu tu verrais tout en mouvement" F. Nietszche
Les Existentialistes
 Les ours de la nuit    
     A cette époque, dans une campagne lointaine, il y avait un village isolé, entre les montagnes, et dans ce village, il n'y avait aucun chef, les habitants s'entendaient entre eux, comme une grande famille. Ce village se composaient de maisons alignées de chaque côté de la rue principale, comme un couloir.
Le seul problème que connaissaient les habitants de ce village était une famille d'ours, qui avait élu domicile dans les montagnes proches. Et les oursons de cette famille avaient le défaut, de génération en génération, d'être tous trop curieux. Ils s'approchaient donc souvent du village et terrifiaient les habitants. C'est pourquoi plusieurs villageois devaient monter la garde depuis le haut d'un arbre appelé : "l'arbre de la forteresse". On les appelait "les gardes-hurleurs". Ces hommes veillaient même dans la nuit la plus noire, car en plus des ours, ils devaient écarter les mauvais esprits qui venaient rôder par là. Et leur devise était : "Si ton oeil était plus aigu, tu verrais tout en mouvement."  Manon F.

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 13:04

Atelier 2       C'était il y a ...       Ecrire à partir d'une photo

Les photos choisies par les élèves ont été extraites du livre : Les plus grands photographes de LIFE,John LOENGARD, Gordon PARKS. Paris : La Martinière, 2009. LIFE 1970 Larry Burrows
Les photographies ont été données sans les légendes.
Le récit pouvaient inclure la photographie ou simplement l'illustrer.

Résistance

    C'était en été au début des années 40. Un soir des militaires sont venus chez nous. Ils cherchaient des juifs que nous avions cachés... Tout est allé très vite. Ils prirent tout ce que nous possédions, puis nous enfermèrent dans une voiture.
    Ils nous emmenèrent là-bas. On nous sépara les uns des autres, on nous donna des numéros à la place de nos noms. Plus personne ne nous appela par nos prénoms.
   Chaque fois que nous commettions une faute, nous étions battus. Le soir, on entendait les enfants pleurer ; nous n'avions rien à manger.
   Bien plus tard, on vint nous libérer.
 (extraits) de Olivia (photographie : Officiers observant un essai nucléaire à douze kilomètres, Yucca flat, Nevada, 1953, J.R. EYERMAN)

Les yeux vides

    Le bal allait commencer. Les journalistes nous regardaient, tout le monde nous regardait. Il me prit la main et me conduisit sur la piste de danse. Nous commençâmes à danser, un slow. J'imaginais déjà la une de ciné-magazine : "La chanteuse la plus connue au bras du plus célèbre sportif ! Les deux coeurs à nouveau réunis malgré la haine familiale !" 
     Pas un chuchotement dans la salle de réception. Tout le monde nous regardait, mais je m'en moquais. Je cherchais du regard mes proches, mes amis, ma famille. Je vis à quel point ils semblaient déçus, choqués. Je retrouvais leur pire ennemi...
     Je replongeais dans les yeux gris de mon amant. Encore une fois je m'y égarais. Je l'aimais à en mourir. Avais-je le choix ? C'était lui ou eux. Lui. Eux. Il me fallait choisir entre l'amour de ma famille ou l'amour  de cet homme. Il me regarda. Il comprit. L'éclat de joie qui brillait habituellement dans ses yeux était absent. Il me murmura : "Est-ce la fin ?" J'acquiesçais.C'était la fin. Il posa ses lèvres sur les miennes. Je voulais que ce baiser ne se termine jamais... "Je t'aime" me chuchota-t-il à l'oreille. Puis il partit. Une larme coula sur ma joue. J'essayai de sourire à mes amis, mais ce que fit ressemblait plutôt à une grimace. Ils auraient dû être satisfaits mais je ne voyais que leur égoïsme. Je séchais mes larmes et me dirigeai vers les journalistes. Je pris la pose pour eux. Mon regard était éteint, je ne sentais plus rien.
Albane (Photographie : Elizabeth Taylor, 1948, Philippe HALSMAN)

Marilyn Monroe 1953 Alfred Eisenstaedt18h/6h50

 
      New York, 1971. Il venait de se réveiller. Six heures du soir. Dans son appartement de Chelsea, il regarda la fenêtre puis l'horloge. Six heures quinze. Ce soir c'était l'inauguration d'une expo de photos dans une galerie d'art de la 73e. C'était Adam, un ami qui exposait des collages photographiques représentant le New York de la solitude nocturne, de la dépression. Tout son cercle d'amis était composé d'artistes névrosés. A New York les soirées ne commencent que vers vingt-trois heures, comme ça les gens peuvent faire plusieurs soirées dans la nuit. Il sortit dans un club de Jazz en première partie de soirée, seul à sa table : Saxo, Piano et Contrebasse. Il commanda un merlot et s'affala sur la table en écoutant la musique. Vingt-deux heures. Il sortit, prit le métro et alla dans la galerie. A l'intérieur, tout était noir, on devait regarder les photos a la lampe de poche, très conceptuel. Ils s'étaient tous retrouvés, Adam, Elen et Jeremy et lui. Tous les quatre artistes. Ils discutaient, une flûte de champagne à la main. Toute la crème New Yorkaise était là. vingt-trois heures trente, ils sortirent dans la rue, encore en train de parler de la vie, des relations, de ce qu'ils pourraient bien fumer. La nuit était sombre, le trottoir était éclairé par la vitrine du magasin de musique. Quelques taxis passaient. Ils s'assirent, s'allongèrent dans la rue sombre, la rue au bar "Sexy Dance" et au magasin de musique. Elen fut la première, puis Adam, Jeremy et Lui. 
Au matin, quatre cadavres, les veines sectionnées. Personne ne sut pourquoi ils avaient mis fin à leur vie, courte et névrosé d'artistes New Yorkais. Le matin se leva sur cette simple soirée entre amis. Les gens passait seuls, en fumant, devant eux, dans cette rue. Six heures cinquante. Quand la nuit noire disparut avec eux.

 

Diego (Photographie : Marins en quête d'amusement dans Times Square sous couvre-feu, New York, 1945, Herbert GEHR)

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 20:16

Atelier 1 suite ...
On n'a pas oublié la "contrainte" ? Ecrire une histoire avec les mots suivants (- 1 joker) :
Robe pourpre - matin - dents - jardin - enfant - rat - luxe - spectacle - barreaux - peinture idéale.Veronica Lake

Marlène
    
      Marlène, se réveilla, le matin dans sa robe du soir pourpre, la gueule de bois, dans son lit aux barreaux de métal. Elle regarda son mur repeint d'un rose framboise écrasée, pour elle c'était sa peinture idéale. Elle se leva et alluma une cigarette. Elle repensa au spectacle de l'autre nuit, à tout ce luxe qui n'avait duré qu'un soir. Petit retour à la réalité : Studio destroy de Baltimore et "A Horse With No Name" en fond. Par les barreaux de sa fenêtre, un petit jardin qui résistait au froid de ce mois de Janvier. Sa bouche sentait encore l'alcool, alors elle se brossa les dents. Elle repensa à cette nuit où enfants et adultes étaient tous vêtus de vêtements haute couture. Elle avait fait partie de la société mondaine pour au moins une nuit. Alors elle sortit malgrè la buée sur sa fenêtre, enleva ses chaussures à talons et mit ses pieds dans l'herbe humide et froide tout en fumant sa première cigarette.

Diego

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